Clinique de Droit International d’Assas (CDIA) – Seconde formation

Clinique de Droit International d’Assas (CDIA) – Seconde formation

Pendant trois demi-journées, les étudiants de la Clinique de Droit International d’Assas ont eu l’opportunité de participer à une formation aux techniques d’investigation en sources ouvertes. Malgré la situation sanitaire qui empêchait toute rencontre physique et limitait quelque peu les interactions, les étudiants, motivés, ont bénéficié d’une formation entièrement en ligne, chaque samedi matin, pendant trois semaines, organisée par l’association Open Facto.

Entre apprentissage des bases de l’OSINT (Open source intelligence), exercices pratiques et rencontres avec des professionnels (journalistes et juristes spécialisés), cette formation est venue, de l’avis de tous les étudiants, compléter utilement leur parcours universitaire. Tous sont sortis ravis de la formation et, pour beaucoup ce fut en effet une véritable découverte, riche en apprentissages.

La première demi-journée de formation a débuté par une présentation des aspects juridiques et techniques de l’OSINT puis s’est poursuivie par la préparation du poste de travail et l’utilisation des moteurs de recherche. Au cours de la deuxième demi-journée, les étudiants ont appris à rechercher des informations à partir des réseaux sociaux et des systèmes de messagerie instantanée avant de s’initier à la géolocalisation. Enfin, la dernière demi-journée s’est concentrée sur l’approfondissement de la géolocalisation et s’est clôturée par la rencontre avec deux assistants juridiques spécialisés du Pôle Crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre du Tribunal Judiciaire de Paris.

A travers les techniques qu’ils ont apprises, cette formation a également permis aux étudiants de se rendre compte que l’OSINT est un outil accessible, à condition d’avoir un minimum de curiosité et un sens réel de l’observation – qui peut se travailler. Les étudiants ont ainsi été impressionnés des informations qu’il était possible d’obtenir à partir de seulement quelques données et d’un peu de persévérance.

Face aux premiers exercices, les étudiants, encore novices pour la majorité, ont pu se sentir quelque peu déstabilisés. Mais, grâce à la méthode apprise, ils se sont rapidement pris au jeu de la recherche. Progressivement, la plupart se sont d’ailleurs sentis plus à l’aise. On comprend alors aussi que l’une des clefs de l’OSINT repose dans la pratique.

A ce sujet, les étudiants pourront être amenés à recourir à l’OSINT dans le cadre des projets cliniques, en particulier au sein du pôle affaires pénales. Par la suite et selon les voies professionnelles vers lesquelles ils s’orientent, ils auront certainement l’occasion d’utiliser de telles techniques comme ont pu témoigner les deux assistants spécialisés que les étudiants ont rencontrés.

En définitive, c’est avec enthousiasme que s’est terminée cette formation et l’envie partagée d’aller plus loin.

Nina Chaize,

Chargée de communication pour la Clinique de droit international d’Assas.

La Clinique sur Facebook : https://www.facebook.com/CDIAssas

OpenFacto à Séville pour « OsintCity »

OpenFacto à Séville pour « OsintCity »

Trois membres d’OpenFacto se sont rendus au congrès « OsintCity » qui se déroulait à Séville les 6 et 7 février derniers. Au programme, une quinzaine d’interventions autour des recherches en sources ouvertes et de leurs différentes utilisations.

Si le congrès se voulait international, toutes les présentations étaient en espagnol et le public quasi-exclusivement local, très largement composé de détectives privés et d’agents des forces de sécurité du pays. La plupart des interventions étaient ainsi spécifiquement destinées à ce public, faisant notamment référence à un cadre juridique espagnol assez restrictif sur les possibilités de l’OSINT et des cas pratiques très axés business ou bien enjeux sécuritaires.

On ne va pas vous mentir, de façon générale, le niveau moyen des interventions était un peu décevant. Outre les généralités sur les risques des « fake news » et la nécessité de faire preuve de sens critique, plusieurs des supports de présentation mettaient en avant des techniques ou outils hors-services depuis des années (un intervenant a ainsi utilisé un PowerPoint datant de 2014, c’est dommage…).

A noter toutefois, la présentation fort intéressante du média d’investigation Datadista par son cofondateur Antonio Delgado. En mettant l’accent sur l’importance d’une méthodologie transparente, que ce soit à propos de la récolte (scraping, leaks…), de l’exploitation ou de la visualisation des données, celui-ci insistait sur la crédibilité apportée aux informations ainsi présentées au public. Un véritable exemple de data-journalisme qui mérite que l’on s’y intéresse.

Un bel exemple d’enquête de datadista :

https://datadista.com/playa-burbuja/desmontando-algarrobico/

Malgré nos réserves sur la qualité de ce congrès, il est important de préciser qu’il s’agissait uniquement de sa deuxième édition, les organisateurs nous ayant assuré que la prochaine session intégrerait des présentations en anglais ainsi qu’un système de traduction.  

Si cela se confirme, la prochaine édition méritera peut-être tout de même le déplacement pour des professionnels du secteur intéressés par ces aspects de l’OSINT, ou bien pour celles et ceux à la recherche d’un alibi pour déguster quelques tapas et découvrir Séville hors saison touristique.